Culture visuelle


10
fév 10

3D, la nostalgie de la facette

À l’heure où les images 3D créées pour le cinéma sont de plus en plus difficiles à distinguer des prises de vues « réelles », je vois apparaître dans d’autres domaines, graphisme, web, photo, sculpture, vidéo une certaine nostalgie pour les premières représentations 3D facettées. Ce qui était au départ une contrainte technique devient un choix artistique (comme pour le pixel art).

Cette tendance s’accompagne souvent d’une transposition dans le monde réel, comme chez Xavier Veilhan et certaines de ses œuvres exposées à Versailles ou Eric Testroete et son étonnant masque d’halloween (ci-dessous).

Ce masque me trouble pour plusieurs raisons. Il m’évoque d’abord le travail de pionniers comme Rebecca Allen et son clip pour « Musique non stop » de Kraftwerk datant de 1986.

Il me fait ensuite penser aux expériences de réalité augmentée utilisant Papervision3D que l’on voit fleurir sur la Toile. Papervision3D, qui est d’ailleurs à mon avis un peu à l’origine du regain d’intérêt pour cette forme de représentation. Le projet REC YOU réalisé par le studio japonais non-grid pour le Walkman de SONY en est emblématique.

Faut-il y voir une nostalgie d’une période où l’homme avait le sentiment d’être supérieur à la machine ? Une référence à un âge d’or informatique idéalisé ? Ou s’agit-il tout simplement d’un code « vintage » dans la représentation numérique ?

Veilhan à Versailles c’est ici
Eric Testroete, ici
Rebecca Allen, ici
Non-Grid, ici


16
nov 09

La frénésie du savoir anecdotique

À quelle vitesse une mouche vole-t-elle ? Combien de fois par jour un être humain cligne-t-il des yeux ? Combien de bûches de Noël sont-elles consommées chaque année en France ? Autant de questions dont la réponse peut paraître parfaitement inutile, voire insignifiante. Toutefois, il suffit de constater le succès de l’application pour smartphone « savoir-inutile », ou du défi en ligne Trivial Pursuit™ experiment pour être convaincu du contraire.

© DR

Le site « learnsomethingeveryday » est une illustration parfaite de cette tendance. Heureusement, ils assaisonnent ces chiffres avec une bonne dose d’humour qui leur conserve leur futilité.

© Young Design Studio

© Young Design Studio

Cependant, cette «vaporisation» du savoir envahit peu à peu les écrans grands ou petits à grands renforts de quiz, de jeux-concours ou d’émissions. Cette frénésie de la statistique, du chiffre qui parle, gagne même les sources d’information traditionnelles qui se convertissent peu à peu à cette façon de décrire le monde. Il y a plus de sucre dans un citron que dans une fraise, la chaise électrique a été inventée par un dentiste… Devant un tel bombardement de données, difficile de hiérarchiser, de classer, de différencier l’essentiel du superflu, de prendre du recul. Qui sait ? Dans quelques années, peut-être faudra-t-il revoir notre façon d’enseigner l’histoire ? Ce qui donnerait, par exemple : Napoléon a gagné 82% des batailles qu’il a livré en tirant en moyenne 19 000 coups de feu, ou, lors de la retraite de Russie, 98% des soldats de la Grande Armée ont reconnu avoir eu froid aux pieds…

Si vous voulez enrichir votre savoir anecdotique, c’est ici, ou
Pour le tester, c’est ici